Société

RN3 Hinche–Saint-Raphaël : quand la promesse rencontre le terrain, Alix Didier Fils-Aimé à l’épreuve des faits

Nord, 13 janvier 2026 — Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a choisi le terrain plutôt que les salons officiels pour marquer une nouvelle étape du chantier routier Hinche–Saint-Raphaël, sur la Route nationale numéro 3 (RN3). Ce mardi, à Boroque La Jeune, dans la localité de Pignon, le chef du gouvernement s’est rendu au cœur même du tracé afin de constater l’avancement des travaux et d’échanger avec les autorités locales, les acteurs techniques et surtout les citoyens directement concernés par ce projet attendu depuis des années.

Dans cette zone charnière entre le Plateau Central et le Nord, la RN3 n’est pas un simple ruban d’asphalte. Elle est une artère vitale qui conditionne l’accès aux marchés, l’écoulement des produits agricoles, la mobilité quotidienne des travailleurs et la circulation interrégionale. Longtemps dégradée, parfois impraticable, elle a symbolisé pour beaucoup l’abandon des territoires de l’intérieur. La présence du Premier ministre sur place envoie donc un signal politique fort : la réhabilitation de cette route est désormais traitée comme une priorité opérationnelle, et non comme une promesse administrative de plus.

Sur le terrain, autorités municipales, responsables territoriaux et forces de l’ordre ont accompagné la visite. Les discussions ont porté sur les contraintes techniques du tronçon, les enjeux de sécurité liés au chantier et l’impact direct des travaux sur les communautés riveraines. Plusieurs habitants ont salué une démarche de proximité jugée rare sur cet axe longtemps délaissé, espérant que cette fois, les annonces se traduiront par des améliorations durables et visibles.

La visite a également rassemblé des membres du gouvernement, le Coordonnateur du Conseil présidentiel de transition Laurent Saint-Cyr, ainsi que l’ ambassadeur Francais, l’ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, dont l’appui au projet souligne l’intérêt des partenaires internationaux pour la relance des infrastructures structurantes. Pour les autorités, le contournement de Hinche doit permettre de fluidifier le trafic, réduire les temps de parcours et sécuriser un corridor stratégique pour l’économie régionale, tout en désenclavant plusieurs localités.

Mais au-delà des aspects techniques et institutionnels, c’est la dimension humaine et politique de cette visite qui a marqué les esprits. Sur le tronçon Hinche–Saint-Raphaël, la présence du Premier ministre n’a pas pris l’allure d’un simple passage protocolaire. Elle l’a confronté à une réalité rare dans le paysage politique haïtien : celle d’une promesse tenue dans des délais jugés crédibles par les habitants eux-mêmes.

Les avancées constatées sur le terrain rappellent un engagement pris publiquement en mai dernier, lors des festivités du 18 mai 2025 dans le Nord. À cette occasion, Alix Didier Fils-Aimé avait annoncé la réhabilitation et le contournement de Hinche comme un chantier prioritaire. Huit mois plus tard, les engins sont visibles, les tracés se dessinent, et la population observe avec attention. Pour beaucoup, ce calendrier rompt avec une longue tradition d’annonces sans lendemain.

Pour de nombreux usagers de la route, ce moment marque une rupture symbolique. « C’est la première fois que je vois un Premier ministre respecter une promesse aussi vite », confie un motocycliste qui emprunte quotidiennement l’axe Hinche–Saint-Raphaël. « D’habitude, on entend des discours. Là, on voit les travaux. » Pour lui, l’amélioration progressive de la route signifie moins de risques, moins de fatigue et un gain de temps appréciable dans ses déplacements.

Même constat chez les chauffeurs de transport interurbain, longtemps pénalisés par l’état dégradé de la RN3. L’un d’eux résume un sentiment largement partagé : « Nous respectons les chefs qui respectent la population, qui tiennent parole et qui comprennent la situation de chaque citoyen, qu’il vive en ville ou à la campagne. » Selon ce conducteur, la réhabilitation de la route annonce moins de pannes mécaniques, moins de pertes financières et une circulation plus sûre pour les passagers, dans une région où le transport reste un pilier de l’économie locale.

Dans les zones agricoles, l’impact est perçu de manière encore plus profonde. Un agriculteur rencontré en marge de la visite évoque un sentiment rarement exprimé avec autant de clarté : « Aujourd’hui, je me sens exister pour l’État. Quand la route avance, c’est comme si on se souvenait enfin que nous produisons, que nous comptons. » Pour lui, la RN3 est bien plus qu’un axe routier : elle conditionne l’écoulement des récoltes, l’accès aux marchés régionaux et la capacité des paysans à vivre décemment de leur travail.

Les commerçantes partagent cet espoir, tout en formulant des attentes plus larges. L’une d’elles souligne que l’amélioration des trajets est un premier pas essentiel, mais appelle à une présence renforcée de l’État. « On sent que le Premier ministre comprend les difficultés des trajets. Maintenant, il faut aller plus loin », plaide-t-elle, souhaitant que le gouvernement central facilite l’ouverture de succursales bancaires, de bureaux de la Direction générale des impôts (DGI) et d’autres services publics. « Saint-Raphaël manque cruellement de présence étatique. Une route sans services reste une opportunité incomplète », insiste-t-elle.

Ces témoignages donnent à la visite une portée politique particulière. En se rendant sur le terrain, Alix Didier Fils-Aimé ne s’est pas contenté de lancer un chantier ; il a mesuré l’écart entre l’annonce et l’impact concret sur la vie quotidienne des citoyens. La RN3 apparaît ainsi comme un test grandeur nature de sa méthode de gouvernance : promettre moins, agir plus, et accepter que les citoyens jugent sur pièces.

Au-delà du chantier lui-même, cette sortie dans le Nord s’inscrit dans une logique plus large défendue par le Premier ministre : gouverner par l’action, le suivi et la proximité. À plusieurs reprises, il a insisté sur la nécessité de rompre avec une culture de décisions centralisées et peu suivies, pour privilégier une approche axée sur les résultats et l’impact local. Une vision qui, si elle se confirme dans le temps, pourrait redéfinir la relation entre l’État et les territoires longtemps marginalisés.

Reste désormais le défi de la continuité. Pour les habitants du Nord et du Plateau Central, l’enjeu n’est plus seulement de voir les travaux démarrer, mais de les voir aboutir, être entretenus et s’accompagner d’une véritable intégration économique et administrative. Sur ce tronçon stratégique, la route devient ainsi un symbole : celui d’un État qui, pour une fois, semble avancer au même rythme que ses promesses — et que la population observe désormais avec une exigence renouvelée.

Desk Report

About Author

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

@2024 All Rights Reserved by laprimeurhaiti.com