Après des mois marqués par la peur, les barricades et le silence forcé des rues, un changement perceptible s’opère au bas de Delmas. Depuis l’ouverture du sous-commissariat de Carrefour de l’Aéroport, la vie reprend progressivement son cours. Les élèves ont recommencé à fréquenter les salles de classe, les petits marchands réinstallent leurs étals, et les habitants redécouvrent le rythme quotidien qui leur avait été confisqué.
À Carrefour Aéroport, la présence policière est désormais visible et structurée. La réouverture du sous-commissariat ne constitue pas seulement un acte administratif : elle représente un signal de réoccupation institutionnelle d’un espace longtemps fragilisé. Les rues, autrefois désertées à la tombée de la nuit, montrent à nouveau des signes d’activité en journée. Les transports circulent avec davantage de régularité, et les parents accompagnent leurs enfants à l’école avec une prudence encore palpable, mais teintée d’espoir.
Cette dynamique de retour progressif à la normale s’inscrit dans la continuité de l’annonce faite le 7 février dernier lors de la réouverture officielle du commissariat. À cette occasion, le Responsable de la Direction Départementale de l’Ouest 1 (DDO 1), Jacques ADER, avait clairement indiqué que le processus de redéploiement sécuritaire était enclenché. Il avait également promis la réouverture d’autres infrastructures policières stratégiques, notamment le commissariat du marché Salomon, un point névralgique pour les activités commerciales de la zone métropolitaine.
Sur le terrain, les effets sont concrets. Plusieurs commerçants interrogés expriment leur soulagement. « Nous avions tout perdu : clients, marchandises, confiance. Aujourd’hui, nous recommençons doucement », confie une vendeuse de produits alimentaires, sourire aux lèvres. Pour ces petits marchands, la sécurité n’est pas un concept abstrait ; elle conditionne directement la survie économique de leurs familles. La reprise des activités commerciales signifie le retour des revenus, mais aussi la restauration d’une forme de dignité.
Les établissements scolaires, eux aussi, témoignent de ce frémissement. Les uniformes colorés réapparaissent dans les rues. Les enseignants parlent d’une fréquentation encore partielle, mais en augmentation constante. Cette reprise scolaire est un indicateur essentiel : elle reflète la confiance graduelle des parents envers la stabilité de la zone.
Les forces de l’ordre, soutenues par le Chef du Gouvernement @citoyendidier, déterminent à consolider cette avancée. Le message est clair : la reconquête des espaces publics passe par une présence institutionnelle permanente et par la restauration des services essentiels. La stratégie affichée consiste à sécuriser durablement les quartiers afin d’éviter toute rechute.
Toutefois, cette embellie reste fragile. Les habitants savent que la stabilité dépendra de la continuité des opérations et de la capacité des autorités à maintenir la pression sur les groupes armés. La réouverture d’un commissariat constitue un jalon important, mais elle doit s’accompagner d’un maillage sécuritaire cohérent à l’échelle de la zone métropolitaine.
Au bas de Delmas, l’atmosphère n’est plus celle de la paralysie totale. Elle est désormais celle d’une reconstruction progressive. Entre prudence et optimisme, Carrefour Aéroport devient le symbole d’une tentative de normalisation. La reprise n’est pas encore totale, mais elle est visible. Et pour une population éprouvée, chaque boutique qui rouvre, chaque élève qui retourne en classe, chaque patrouille qui sillonne les rues représente un pas supplémentaire vers la restauration de l’ordre et de la vie ordinaire.


