En ce lundi 2 mars 2026, la Primature a pris des allures de centre névralgique du pouvoir exécutif. Derrière les portes closes, dans une atmosphère à la fois solennelle et décisive, un Conseil des ministres spécial s’est tenu sous la haute présidence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. À l’ordre du jour : un remaniement ministériel d’envergure, appelé à redéfinir les équilibres politiques et à imprimer une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale.

Autour de la table, l’ensemble des membres du Gouvernement sortant étaient réunis pour entériner une série de nominations stratégiques. Ce réajustement, attendu depuis plusieurs semaines dans les cercles politiques, marque une volonté affichée de consolidation institutionnelle et d’efficacité administrative dans un contexte national exigeant.

Parmi les décisions majeures, la nomination de Mario Andrésol au ministère de la Défense confirme un choix orienté vers la sécurité et la restructuration des forces stratégiques. Au ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC), Dumas Pithagore prend les rênes d’un portefeuille clé pour l’encadrement de la jeunesse et la promotion de la cohésion sociale. Sur le front diplomatique, Raina Forbin est appelée à diriger les Affaires étrangères, un poste central à l’heure où la diplomatie haïtienne doit renforcer ses alliances et affirmer sa voix sur la scène régionale et internationale.
À l’Éducation nationale, l’équilibre politique s’est imposé comme un facteur déterminant : le Congrès patriotique a obtenu gain de cause face à l’OPL, ouvrant la voie à la nomination de Vijonet Déméro. Ce choix intervient dans un secteur névralgique, où les défis liés à l’accès, à la qualité et à la gouvernance du système éducatif demeurent cruciaux.
Le ministère de la Planification et de la Coopération externe sera désormais dirigé par Sandra Paulemon, tandis que Marcelin Aubourg prend la tête de l’Agriculture. Emmanuel Ménard se voit confier la Culture et la Communication, un portefeuille stratégique pour l’image du pays et la consolidation du lien social. Marc-Élie Nelson est chargé des Affaires sociales, et Almat Pierre-Louis du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), pilier des infrastructures nationales.
Ce remaniement ne se limite pas à des arrivées : il s’inscrit aussi dans une logique de continuité. Cinq ministres conservent leur poste, notamment à l’Intérieur, à la Condition féminine, à la Justice, à la Santé publique (MSPP) et au Commerce. Un signal de stabilité dans des secteurs sensibles, où la constance de l’action publique est jugée essentielle.
Au-delà des noms, ce Conseil des ministres spécial apparaît comme un moment charnière. Il traduit une volonté de recomposition politique, mais aussi d’accélération stratégique. Dans les couloirs feutrés de la Primature, l’heure n’était pas seulement aux nominations : elle était à la redéfinition des priorités nationales.
Reste désormais à transformer ces décisions en résultats tangibles. Car dans un contexte marqué par des attentes sociales fortes, chaque nomination porte en elle une promesse : celle d’un État plus structuré, plus cohérent et plus efficace. Le remaniement est acté ; l’épreuve de l’action commence.


