Depuis le 7 février, le Premier ministre assume seul la conduite de l’exécutif. Une configuration institutionnelle inédite qui, loin de l’isoler, semble renforcer sa volonté d’imprimer une direction claire : stabiliser, rassembler et réorganiser l’action publique. Au cœur de cette nouvelle phase, une initiative structurante : l’“Entente Nationale pour la Stabilité.”
Dans un contexte où la gouvernabilité demeure fragile, le chef du gouvernement a opté pour une stratégie d’ouverture politique encadrée. L’objectif n’est pas de multiplier les compromis dilatoires, mais de bâtir un accord de méthode avec la société civile organisée, la classe politique responsable et un noyau solide de technocrates issus de la haute administration et du secteur privé.
Une gouvernance recentrée et assumée
Depuis son adresse à la nation, le Premier ministre a fixé trois priorités : sécurité, stabilité institutionnelle et relance économique. L’“Entente Nationale” vise à formaliser un pacte de responsabilité autour de principes clairs : continuité de l’État, respect du calendrier institutionnel, discipline budgétaire et lutte coordonnée contre l’insécurité.
Des hauts fonctionnaires, d’anciens cadres de l’administration publique, des experts en finances publiques, en gouvernance et en planification stratégique sont invités à participer aux consultations. La logique est assumée : sortir des rapports de force stériles pour privilégier la compétence, la planification et l’efficacité opérationnelle.
Rouvrir le pays, rétablir l’autorité
Mais la stabilité ne peut rester un concept abstrait. Elle se mesure sur le terrain. La réouverture progressive des grands axes routiers constitue un signal concret : l’État reprend le contrôle de l’espace public et garantit la libre circulation des citoyens.
La sécurisation et la relance complète de l’Aéroport International Toussaint Louverture s’inscrivent dans la même dynamique. L’aéroport n’est pas seulement une infrastructure ; il est un indicateur de normalisation, de confiance et de connectivité économique. Le remettre pleinement en fonctionnement, c’est réinscrire le pays dans les circuits régionaux et internationaux.
Redonner au peuple son droit de circuler librement, c’est aussi lui restituer sa dignité. La dignité d’un peuple se traduit par sa capacité à travailler, à commercer, à étudier et à voyager sans peur.
Vers un cadre électoral crédible
L’initiative vise également à créer les conditions politiques et sécuritaires nécessaires à l’organisation d’élections crédibles. Le Premier ministre recherche un consensus minimal sur les règles du jeu institutionnel afin d’éviter une nouvelle rupture post-électorale.
Il ne s’agit pas d’un gouvernement d’union classique, mais d’un socle d’engagement partagé autour d’un objectif commun : restaurer l’État, stabiliser le climat politique et conduire le pays vers des élections dans un environnement sécurisé.
Depuis le 7 février, la trajectoire est lisible : consolider l’autorité publique, rouvrir les infrastructures stratégiques, restaurer la confiance nationale et préparer une transition électorale ordonnée. Seul à la barre, le Premier ministre entend naviguer avec méthode, discipline et ouverture pour transformer une période sensible en fondation d’une gouvernance durable.


